Interview – Fábio Silva : « J’aime vivre sous pression »

Une première saison hors de son pays natal et si jeune, ce n’est pas ce qui perturbe Fábio Silva. Le jeune attaquant portugais de 18 ans est fier de ce qu’il a accompli pour ses débuts en Premier League. Il est revenu longuement sur son exemplarité, sur et en dehors des terrains, le FC Porto ou encore son style de jeu. Sans oublier son idole, Cristiano Ronaldo.

Après une première saison en Premier League, tu es de retour au Portugal pour les vacances. Comment as-tu vécu cette première expérience à l’étranger, à Wolverhampton ?


Je me suis bien senti. Je pense que c’est normal d’avoir une période d’adaptation pour n’importe quel joueur. Je n’y ai pas échappé. Au début, j’ai dû m’habituer au style de jeu, à l’équipe, au climat et au championnat. J’ai dû essayer des choses en match, mais je pense que je suis maintenant bien acclimaté et je me sens bien.


Comme dit juste avant, c’est ta première saison hors du Portugal. Ça a dû te faire bizarre.


Oui, parce que j’ai toujours joué au Portugal. Jouer au Portugal et ensuite aller dans un championnat comme la Premier League, c’est quelque chose de vraiment différent. C’est pour ça que je suis très content d’avoir réalisé cela dans le meilleur championnat du monde.


Qu’est-ce qui te manque le plus au Portugal ?


Ma famille, parce que j’ai une petite sœur. Du coup, pour des raisons logistiques, ma famille ne peut pas être longtemps avec moi là-bas. Ils sont venus quelques fois, mais bien sûr, c’est le fait d’être tous les jours avec eux qui me manque le plus.


En comptant les matches avec les jeunes, tu as plus de 1700 minutes de jeu. La blessure de Jimenez t’a aussi permis d’avoir plus de titularisations, mais cela reste beaucoup de temps de jeu. Tu en espérais autant ?


Comme tu viens de le dire, à cause d’une malheureuse blessure, j’ai pu avoir une bonne séquence de matches. Je suis très content des minutes que j’ai eues pour une première saison. Maintenant, il faut continuer sur cette lancée et être fier de ce que j’ai réalisé.

« Très content d’avoir réalisé cela dans le meilleur championnat du monde »


Au niveau des statistiques, ce sont 23 matches disputés, 4 buts dont un en EFL Trophy et 3 passes décisives. D’un point de vue individuel, quelle analyse fais-tu ?


C’est très bien et ça me rend vraiment content, comme j’ai pu te le dire. Faire ça lors d’une première saison et aussi jeune, ce n’est pas facile et ça me rend fier. C’est pour cela que nous allons tenter de faire mieux en terme de chiffres lors de la prochaine saison. On en veut toujours plus.

©Wolves


Ton premier but en Premier League est arrivé plus d’un an après le dernier au FC Porto. Ce fut un poids en moins ? Parce qu’on a beau dire qu’il va arriver, tu dois quand même ressentir un certain poids du fait de ne pas marquer pendant une longue période.


Bien sûr, quand j’ai marqué, j’ai eu une bonne sensation parce que c’était une chose que je recherchais depuis un moment. Après, je n’ai pas ressenti cela parce que j’aime vivre sous pression. J’ai ressenti quelque chose de différent parce que j’essayais de marquer ce premier but en Premier League.


Nuno Espírito Santo a évoqué avec toi ce fameux « premier but » ?

Oui, il y a eu quelques retours pour me dire d’aller sur le terrain et de ne pas me focaliser sur ce but, de faire ce que je fais aux entraînements, d’aider l’équipe. Après, le but, comme il le dit et comme je le dis aussi maintenant, ce sera la conséquence du travail réalisé. Si tu fais les choses bien, ça arrivera de façon naturelle.


C’est un entraîneur qui t’a beaucoup aidé ?


Beaucoup. Plus que l’aide d’un point de vue tactique, c’est aussi très important quand un entraîneur vient te voir et essaye de t’aider. « Comment ça va dans ta tête ? », parce que ce n’est pas tout le temps facile pour moi d’être loin et de ne pas jouer. Ma tête peut parfois penser à autre chose. Je pense qu’il a été très important pour me maintenir concentré et obtenir le meilleur de moi.


On parle de Bruno Lage comme son potentiel successeur. Que ce soit lui ou un autre, ce serait bien de continuer avec un entraîneur portugais ?


Pour ces choses-là, c’est le club qui prend les décisions. Bien sûr, si c’est un entraîneur portugais, ce sera plus facile pour l’interaction. En revanche, ce que je peux dire, c’est souhaiter bonne chance à Nuno Espírito Santo dans sa prochaine aventure et le remercier pour tout. Pour la confiance et l’affection qu’il a eue envers moi durant tout ce temps.

« J’aime diversifier mes mouvements »


Sans marquer énormément de buts, tu as réussi à créer et à te créer des occasions. Tu participais également au jeu, que ce soit à la récupération du ballon ou en redescendant pour l’avoir. Ce fut important pour toi de t’affirmer un peu plus dans l’équipe ?


Oui, au début, c’était une des choses sur lesquelles j’avais des difficultés. Quand j’essayais d’être le point d’appui de l’équipe. Quand l’équipe est resserrée et qu’elle te passe le ballon, tu dois le garder. Au début, j’avais un peu de difficultés parce qu’on joue contre des défenseurs très durs et forts. Tu dois toujours garder les yeux ouverts. À ce niveau, j’ai bien fait face. J’ai réussi à mieux garder le ballon, mieux lire le jeu et à ne pas perdre trop de ballons faciles.

©Getty Images


Les buts sont tout de même arrivés. Sur ce but, face à West Bromwich, on peut voir l’utilisation de ton corps pour te débarrasser du défenseur et ensuite te mettre dans la meilleure position possible pour marquer.


Ce match, si je me souviens bien, n’est pas en début, mais plus en milieu de saison. Cette action est venue à un moment où j’ai enchaîné les matches en tant que titulaire. On peut voir que je regarde le ballon et aussi que j’arrive à écarter le défenseur. L’utilisation de mon corps est un point sur lequel je me suis vraiment amélioré. Après, ça vient aussi de ton intelligence et de ta ruse . Des choses que tu ne travailles pas tout le temps, c’est inné, ou tu l’as, ou tu ne l’as pas. Je pense que cette année a été une plus-value pour ce qui est de savoir utiliser mon corps.


Sur ce but face à West-Ham, on peut voir un mouvement que tu maîtrises parfaitement : partir dans le dos du défenseur et toujours l’analyse de la situation.

Je suis un joueur qui aime diversifier mes courses. Je ne peux pas tout le temps redescendre pour être un soutien, ni tout le temps faire des appels dans la profondeur. Les mouvements de rupture sont une de mes meilleures qualités. Par exemple, les diagonales courtes. Je suis aussi bon dans ces mouvements plus longs, mais c’est une rupture plus longue d’avoir cette impression de ne pas être dans le champ de vision du défenseur, qui a ses appuis tournés d’un certain sens. Il ne regarde que la balle et ne me voit pas. Quand j’entrerai dans l’espace libre et qu’il se retournera, il sera trop tard parce que j’aurais déjà gagné des fractions de secondes.


C’est quelque chose que tu analyses directement sur le terrain ?


On a souvent des analyses avant les matches. On analyse l’adversaire et je tente de comprendre. Mais je pense que c’est le match en lui-même, les actions qui vont te donner ces indications, où tu vas te dire : « Ce central est très fort dans les duels, je ne peux sûrement pas redescendre autant et je dois plus demander dans la profondeur » ou « Ce central joue très bas et me laisse de l’espace pour recevoir les ballons ». Après, je pense que ça a aussi beaucoup à voir avec l’intelligence du joueur. Tu dois comprendre le jeu.


Lors de ta dernière passe décisive, il y a encore ce mouvement dans le dos du défenseur, mais aussi la passe en retrait pour Nelson Semedo.


Les mouvements de rupture, les diagonales, faire un mouvement circulaire et demander ensuite dans le dos, je pense que ce sont les mouvements les plus difficiles pour une ligne défensive. Tu dois causer la panique, obliger les défenseurs à paniquer. Sincèrement, j’avais vu Nelson (Semedo) passer derrière et quand ils m’ont donné la balle, je n’ai pas regardé parce que je savais qu’il était là-bas.


Étant un attaquant qui aime diversifier et multiplier les courses, tu ne préférerais pas jouer aux côtés d’un autre attaquant plus fixe, plutôt que d’être seul devant ?


J’ai déjà été dans les deux situations et je me sens aujourd’hui prêt à jouer dans les deux systèmes. C’est différent de jouer seul parce que tu as sûrement plus de duels. Avec un autre attaquant, tu peux plus diversifier tes courses. L’un va descendre et l’autre demander dans la profondeur.

« Ce professionnalisme ? C’est dans mon sang, dans mon ADN »


Pour évoquer la saison des Wolves, c’est une 13e place en championnat et aussi trois défaites lors des trois derniers matches. Quelle analyse fais-tu de cette saison ?


Je pense que ce fut une saison faite de hauts et de bas, quelque chose de normal. Il ne faut pas oublier de souligner que nous jouons la Premier League et pas n’importe quel championnat. Tous les matches t’obligent à être exigeant. Quand je dis tous, c’est vraiment tous. Il n’y a aucun match où tu peux te relâcher ou y aller avec le sentiment que c’est gagné d’avance. C’est ce qui rend les choses intéressantes. Tous les matches t’obligent à te surpasser, à donner le meilleur. Maintenant, c’est sûr que si tu regardes le classement, terminer à la 13e place après une saison précédente à la 7e, ce n’est pas facile. Je pense tout de même que c’est un bilan positif.

Ce qui fait la force de Wolverhampton, ce sont aussi les supporters parce que c’est une équipe qui aime enflammer les rencontres et qui peut retourner une situation mal embarquée. Tu n’as pas encore connu l’ambiance du Molineux plein. Lors du dernier match, il y a eu quelques supporters. Penses-tu que ça aurait été différent avec eux ?


Pas forcément l’équipe en général, mais certains joueurs sont meilleurs avec des supporters, car l’adrénaline est complètement différente. Il y a eu 4 000 supporters lors du dernier match et je me suis dit : « quel manque ! ». Imagine maintenant avec le stade rempli.


Y a-t-il eu un joueur de l’équipe qui t’a plus impressionné ?


D’un point de vue général, tout le monde. Je pense que ce qui m’a le plus impressionné a été la façon dont ils m’ont accueilli et aidé. Ils viennent encore aujourd’hui me voir pour me dire : « Fábio, essaye de faire ceci ou cela » ou « Tu as bien fait cela, continue ». Étant un des plus jeunes de l’équipe, voir qu’ils ont cette préoccupation de venir parler avec moi et essayer de m’aider, ça me rend fier. Maintenant, ce serait être injuste que de ne distinguer qu’une seule personne parmi tous ceux qui m’ont aidé.


Au niveau des défenseurs, lequel a été le plus dur à affronter ?


Il y en a eu pleins. (rires) Mais je peux dire Mina d’Everton. C’est un défenseur, outre le football, qui aime les contacts, ces choses normales dans le football. Te casser un peu la tête. Il y en a plusieurs, mais sur ce point de toujours vouloir entrer dans ta tête et avoir ce jeu psychologique, c’est un défenseur très dur.


Quelqu’un a déjà réussi à te faire sortir de ton match ?


Non, c’est très dur. C’est très dur de me faire sortir de mon match.


Tu es un joueur qui se dédie totalement au football. Il y a l’entraînement, mais aussi le travail qui est fait après.


Beaucoup. Je suis une personne qui prend soin d’elle pour ce qui est de l’alimentation, du repos, du travail complémentaire. Si ton corps n’est pas bien, tu n’auras pas un bon rendement sur le terrain. J’ai une personne qui m’aide à ce niveau. On a observé une belle évolution lors des derniers mois en Angleterre. Tu ne peux pas trop te relâcher parce que sinon ils vont te dépasser. Tous les jours, tu dois faire quelque chose qui te rend meilleur. Dans ma vie, ce qui me préoccupe, c’est jouer au football et être tous les jours la meilleure version de moi-même. Celui qui a apporté cela pour la nouvelle génération, c’est Cristiano. C’est pour ça que je l’admire et que je pense que c’est le meilleur de tous les temps. Si tu observes et que tu fais pareil, tu verras ensuite comment tu te sens et les résultats.

« Tout faire pour être meilleur »


Cristiano Ronaldo est ton idole. Cette saison, tu es devenu le plus jeune portugais à marquer en Premier League. Un record qu’il détenait. Tu as aussi été plus décisif que lui lors de sa première saison en Angleterre, au même âge. Cela a dû être important pour toi.


Ce n’était pas quelque chose qui m’obsédait. Je ne suis pas quelqu’un qui recherche forcément cela, les choses vont finir par arriver. Je pense que j’ai un peu pris ça de lui. J’essaye de voir ce qu’il fait pour pouvoir faire pareil, parce que c’est mon idole. J’aimerais avoir l’opportunité de partager le vestiaire avec lui, qu’il puisse m’aider et écouter ses conseils. Je te le dis sans mentir, j’ai été très fier. Je pense que j’ai ressenti un plaisir encore plus fort parce que c’est la personne qui m’inspire, que j’admire. Du fond du cœur, j’ai été très content de battre son record. Un Ronaldo, il n’y en a qu’un.


Travail, dévouement et ambition sont des mots qui reviennent souvent dans tes propos. D’où penses-tu que vient ce professionnalisme ?


Un peu de chez moi, mon père, mon frère. À la maison, il n’y a que du football depuis petit. Je pense aussi que c’est quelque chose que j’ai en moi. Je suis une personne qui aime être toujours meilleure. J’aime ressentir de la pression, avoir des décisions à prendre et prendre mes responsabilités. J’essaye de tout faire pour être meilleur dans ce que je fais.


Le mot « Apprentissage » revient aussi souvent. Tu es toujours disponible pour écouter des conseils et apprendre de tes partenaires.


Tu dois être humble et reconnaître que tu ne sais pas tout, que tu n’as pas toujours raison et que tu ne fais pas tout parfaitement. Tu dois être humble et écouter les autres. Je suis quelqu’un qui aime qu’on vienne me conseiller, que ce soit bon ou mauvais. Après, c’est toi qui prends la décision de garder ce conseil et de le suivre ou pas. Je cherche tout le temps à améliorer ce que je peux pour être le plus parfait possible.


Je pense que tu as aussi travaillé très dur pour arriver à ce niveau et tu feras tout pour ne pas tomber. Je me trompe ?


Oui, ce serait très difficile, et ceux qui sont à mes côtés savent tout le travail que je fais chaque jour, combien je me dédie au football, combien je prends soin de moi, ma concentration et mon professionnalisme… C’est aussi pour ça que, des fois, quand les choses ne vont pas forcément bien, je souffre plus. Je suis une personne objective et pleine d’envie de faire les choses. C’est dans mon sang, c’est mon ADN.


Tu es de ceux qui pensent aux actions ratées une fois chez toi ?


Avant, c’était pire. Sur le terrain, j’essaye de me canaliser. Une fois à la maison, je suis un peu agacé, mais sur le terrain, j’essaye de ne pas me focaliser sur le fait de louper un but parce que l’erreur fait partie du jeu. Sans les erreurs, tu n’apprends pas. Je pense que l’erreur est utile parce que ça va t’aider à comprendre ce que tu dois améliorer.


Il y a une vidéo de Cândido Costa, ancien joueur notamment du FC Porto et de Belenenses, qui pour moi résume parfaitement la vision que tu te fais de la gestion de ta carrière.


Je pense que c’est la réalité, il a tout dit. C’est ce que je tente de faire : me renforcer, voir ce en quoi je suis bon et moins bon pour m’améliorer, investir dans ma personne. Après, c’est comme il dit : « entoure-toi de personnes compétentes ». Sur ce point, je suis très bien entouré avec mon équipe de travail. Je pense que le chemin est le bon, il faut maintenant apporter de la continuité. Je pense que c’est une des meilleures vidéos que j’ai vues, dernièrement. Il a tout dit. Je suis déjà focalisé, mais quand tu vois ce genre de vidéo, il y a toujours quelque chose qui t’interpelle et qui te fait réfléchir.

« Premier but au Dragão ? Mon plus beau moment »


Tu as dit ne pas aimer le mot « ingratitude ». Pourquoi ?


Dans la vie en général, pas que dans le football. Je pense que c’est le mot que je déteste le plus parce que je suis quelqu’un qui donne beaucoup de ma personne. Je donne beaucoup, j’aime aider, parler et comprendre. Quand on me déçoit, je souffre doublement. Après, si tu te loupes une fois avec moi, tu te loupes une seule fois, pas deux.


Parlons du FC Porto, tu as gagné un championnat en junior, une Youth League, le championnat du Portugal et la Supercoupe. Il y a aussi eu le « Dragão de ouro » de la révélation de l’année. Remporter tout ça avec le club de ton cœur, c’est quelque chose que tu envisageais ?


Oui, sérieusement. J’y ai pensé parce qu’aussi bien en U19, en junior ou avec l’équipe principale, on avait l’effectif pour cela. Nous sommes dans un club très exigeant, ne pas y croire n’aurait pas de sens.

Tu as dit un jour, « ils vont devoir crier mon nom » et ils ont fini par crier ton nom. Qu’as-tu ressenti après avoir marqué ton premier but à domicile ?

Pour le moment, dans ma courte carrière, ce fut le plus beau moment. Je regarde encore ce but à la maison, sur Youtube. C’est quelque chose qui m’a vraiment marqué. Depuis tout petit, en allant au stade, je criais le nom des autres. J’ai toujours eu ça en tête et je voulais entendre tous ces gens, le stade entier, crier mon nom. Quand c’est arrivé, ça a même un peu étouffé le but et je n’ai pensé qu’à cela. Ce fut incroyable.


Parmi la génération vainqueur de la Youth League, Tomás Esteves est le seul qui a été prêté sans option d’achat. C’est un joueur avec lequel tu as lié une grande amitié. Que penses-tu de son jeu ?


Tomás, sans aucun doute, c’est un défenseur droit avec des caractéristiques rares, qui lui sont propres. Il a des capacités très différentes des autres pour ce qui est de la conduite de balle, des dribbles et de l’intelligence. Ce n’est pas facile pour quelqu’un d’avoir les mêmes caractéristiques que lui. En plus, je m’entends très bien avec lui. On a une belle amitié, il sait l’affection que j’ai pour lui et combien j’apprécie son football.

©FC

©Instagram


En continuant sur la génération de la Youth League, beaucoup ont quitté le club et d’autres sont restés comme Fábio Vieira, Diogo Leite, João Mário, Diogo Costa ou encore Romário Baró. Que penses-tu d’eux ?


Ils sont sur le bon chemin. La plupart sont à l’Euro Espoirs. Le titre en Youth League nous a fait avancer plus vite. D’un point de vue global, on fait tous du bon travail.

©UEFA


Tous auraient dû avoir plus de minutes de jeu ?


Sincèrement, d’un point de vue collectif, je ne peux pas répondre. Chacun pourra y répondre. Personnellement, je pense que oui. Individuellement, sans aucun doute, j’espérais et j’aurais aimé avoir plus de minutes à Porto.

« Ronaldo, il n’y en a qu’un »


Pepe a réalisé une belle saison avec encore des prestations de haut niveau et notamment en Ligue des champions. On se souvient de la photo entre les jeunes du club et lui, après le titre en championnat. Il a été important pour toi ?


Pepe m’aidait dans le sens où il sait que je suis fan de Cristiano Ronaldo et il a déjà partagé des moments avec lui. Il sait aussi que je suis une personne qui travaille beaucoup et qui est très concentrée. Il me disait : « Travaille, continue parce que ce n’est pas d’ici un ou deux ans que tu feras la différence face aux autres. C’est d’ici cinq, six ans que tu vas pouvoir être dans la continuité, toujours focalisé, que tu vas te sentir meilleur et que tu vas faire un grand saut.


Tu as aussi créé une belle amitié avec Marchesin.

Pas seulement lui, mais aussi tous les Sud-Américains. Il y a eu Saravia, avant qu’il parte, Luis Diaz, Uribe aussi. Moi et les Sud-Américains, on était tout le temps ensemble. Ces derniers jours, j’ai parlé en vidéo avec Marchesin. C’est quelqu’un qui m’a beaucoup aidé et pour qui j’ai une grande affection. Il le sait. Je serai toujours reconnaissant de ce qu’ils ont fait pour moi, mais pas simplement eux, je parle toujours de façon générale.

Sérgio Conceição est un entraîneur qui arrive à pousser les joueurs à toujours donner le meilleur d’eux-mêmes. Il a une grosse exigence et arrive à motiver chaque élément de l’effectif, même ceux qui jouent moins. C’est vraiment ça ?


Oui, comme je l’ai déjà dit, je pense que c’est une de ses meilleures qualités. Un entraîneur qui t’oblige à toujours repousser tes limites, aussi bien à l’entraînement que lors des minutes qu’il te laissera. C’est une des meilleures qualités et ça finit par se voir au niveau des joueurs.


Tu as réussi à suivre le championnat portugais ?


Sincèrement, je ne l’ai pas tellement suivi. Le Sporting a été champion et on doit être sincère, ils ont eu du mérite. Porto, comme toujours, se focalise sur ce qu’il peut améliorer et faire. Je pense que le FC Porto, lors de la prochaine saison et comme toujours, va tout faire pour gagner.


Lors d’une précédente interview, tu as dit que le passé ne t’intéressait pas. Comment vois-tu ton futur et quels sont tes prochains objectifs ?


Mon prochain objectif se trouve dans le présent. Je n’aime pas vivre pour le lendemain. J’aime vivre le moment présent parce que sinon tu ne profites pas. Pour le moment, l’objectif est de continuer de m’affirmer à Wolverhampton et aider le club et les supporters avec mon football, des buts, des passes décisives et mon travail. C’est ce en quoi je vais me focaliser pour la prochaine saison. Pour que ce soit une saison encore meilleure et pour faire mieux à tous les niveaux.

Coéquipiers :


João Moutinho :


C’est une personne qui aime rigoler et qui est tout le temps en train de faire des blagues et d’interagir avec nous. C’est aussi un exemple de travail.


Beaucoup de gens et notamment Fernando Santos, disent qu’il sera entraîneur dans le futur. Tu penses la même chose ?


Oui, il a cette capacité. Je pense que c’est ce qu’il souhaite ou va vouloir dans le futur. Il en a les capacités et aime ça.


Pedro Neto et sa blessure :


Bien sûr, on a été avec lui suite à l’opération pour voir comment il se sentait. Ce n’est pas facile, après la saison qu’il a réalisée. Pour moi, ça a été le joueur le plus influent de l’effectif. Sachant qu’il avait des chances d’aller à l’Euro et aussi d’autres choses que seul lui sait. Psychologiquement, ça doit être difficile.

Vitinha, qui a notamment dit qu’il aurait voulu avoir plus de temps de jeu.


Il a aussi très bien fini la saison. Il a bien enchaîné les minutes. Comme tu le dis, il n’a pas eu beaucoup de minutes pour montrer son football, mais la qualité est présente. La qualité ne trompe pas et ne part pas. Il est en train de faire un très bon Euro. C’est pour moi, l’un des meilleurs de la sélection.

TOMÁS ESTEVES ET FÁBIO SILVA

Ensemble pour les vacances, les deux joueurs ont lié une belle amitié qui a commencé chez les jeunes du FC Porto. J’en ai profité pour évoquer avec eux cette belle entente.

Vous avez tissé une amitié qui dure depuis maintenant plus de 10 ans. Comment tout a démarré ?

Tomás : Je me souviens de la première fois que j’ai parlé à Fábio. Je suis allé faire un tournoi d’expérience au Vitalis et j’avais une écharpe autour du cou. Quand je suis parti, j’ai oublié l’écharpe dans le vestiaire et c’est lui qui me l’a redonné.

Vous avez toujours été ensemble, que ce soit en catégories jeunes ou en sélection. Vous êtes même passé en équipe principale au même moment. Vous vous êtes toujours aidé l’un et l’autre ?

Fábio : Oui, même encore aujourd’hui. On continue à s’appeler. On parle du déroulement de nos matches et toutes ces choses. Je pense que ça a beaucoup à voir avec le fait qu’on a brûlé beaucoup d’étapes ensemble, on se connaît et on est allé ensemble au niveau supérieur. Après, ce n’est pas seulement à cause de ça. Même sans cela, on aurait eu une grande amitié.

Tomás : On s’est toujours bien entendu et je pense que ça nous a aidé quand on jouait ensemble.

Fábio : On s’entend très bien sur le terrain. On fait des actions qui enchantent le monde entier (rires).

C’est vrai que sur le terrain vous vous connaissez très bien.

Tomás : Oui, c’est facile parce que ça fait de nombreuses années. Quand j’ai la balle, je sais ce qu’il va faire et quand il l’a, il sait ce que je vais faire.

Fábio : Comme on joue depuis longtemps ensemble, des fois on se parle directement sur le terrain. Il sait ce en quoi je suis fort. Des fois, un seul signal de la tête suffit. On n’a pas besoin de parler. Il connait mes mouvements et moi, je sais ce qu’il va faire.

Tomás : Pour ce qui est des démarcations, des ruptures courtes, il est très fort et très intelligent. Si j’ai la balle et la possibilité de la lui passer, je sais qu’il va réussir à trouver de l’espace.

Fábio : Tomás est très fort quand il rentre à l’intérieur et qu’il contourne les joueurs. C’est pour ça que j’essaye tout le temps de rester vers le deuxième défenseur pour ne pas être hors-jeu et avoir un espace libre pour attaquer l’espace lorsqu’il arrivera proche de la zone de finalisation.

En Angleterre, avez-vous pu vous voir, étant à 2 heures en voiture l’un de l’autre ?

Fábio : Plein de fois !

Tomás : Quand on avait les mêmes temps libres, on allait avec un ami jusqu’à Wolverhampton pour être avec lui.

Fábio : On restait ensemble trois, quatre jours. Dès qu’on avait des congés, je l’appelais : « Tomy, t’as des disponibilités pour venir à la maison ? Quand les congés étaient les mêmes, on cherchait toujours à être ensemble.

Il y a-t-il un moment, un match ou une action qui vous a marqué ?

Tomás : En sélection, un match contre la Hongrie. J’ai reçu la balle et je suis allé vers lui. Il a fait semblant de venir vers moi, le défenseur l’a suivi et il est ensuite parti libre dans le dos des défenseurs.

Fábio : J’ai ensuite loupé mon tir, mais ce fut une bonne action. On parle beaucoup avant les matches. C’est aussi en rapport avec ce que tu vois dans les vidéos, dans les analyses que tu fais. Des fois, je lui dis : « Tomás, sur ce match je vais peut-être faire ce mouvement-là ». Je n’ai pas besoin de le répéter, je sais combien il est intelligent et qu’il va comprendre.

Tomás : Fábio aime aussi beaucoup jouer en tant qu’appui. J’ai l’habitude de rentrer dans l’axe et jouer avec lui c’est facile.

Vous auriez aimé jouer plus souvent ensemble en équipe première du FC Porto ?

Fábio : Bien sûr qu’on est déçu de ne pas avoir joué plus de temps ensemble dans l’équipe A. On a joué tellement de temps tous les deux, qu’il ne manquait que ça : le faire dans le club qu’on aime. Encore plus avec les supporters et le stade plein. Pouvoir faire ce type d’action aurait été incroyable. Je suis un peu triste car ça n’est pas arrivé en équipe A.

Pourra t-on revoir jouer ce duo ensemble un jour ?

Fábio : Oui et ça va arriver. Si ce n’est pas en club, ce sera en sélection. On vient à peine de commencer et je pense qu’on va encore voir des buts où Tomás repique dans l’axe et me passe la balle.

Tomás : Si Dieu le veut !

Pouvez-vous décrire l’autre en un seul mot ?

Fábio : Tomás est très irrespectueux (rires)

Tomás : J’en ai deux. Talentueux et intelligent.

Fábio : (rires) Mais il n’a pas entendu le compliment que je lui ai fait juste avant ! (rires)

Tomás: Talentueux parce qu’il l’est, balle aux pieds, et intelligent parce qu’il sait utiliser son talent et ses points forts.

Tomás, vois-tu Fábio remporter un titre individuel important dans sa carrière ?

Tomás : Oui, quand on était plus jeunes, il était pratiquement tout le temps meilleur joueur ou meilleur buteur des tournois que nous faisions. Il ressortait facilement du lot. Je pense que ça ne va pas s’arrêter dans le football senior. C’est simplement une question de temps.

Pour finir, y a-t-il une anecdote sur vous deux que l’on pourrait connaître ?

Tomás : On a beaucoup de moments drôles ! Je me souviens d’une fois, on était dans un tournoi en Espagne et on a préparé une action. Je devais prendre le ballon, lui passer. Il allait ensuite devoir feinter qu’il venait vers moi, ouvrait les jambes et moi je le suivais et ensuite lui passais le ballon. Je m’en souviens très bien, mais on a beaucoup d’histoires ensemble.

Fábio : Il y en a vraiment beaucoup d’anecdotes !


Rémi MARTINS.

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